Lancement du conseil climat d'Aix-Marseille Université

Le réchauffement climatique global de +1°C en un siècle atteint déjà +1,5° sur les terres émergées. Un consensus scientifique mondial attribue ce réchauffement global à l’excès d’effet de serre induit par l’émission de plus de 1400 milliards de tonnes de gaz carbonique (400 Gt de carbone fossile) depuis le début de la révolution industrielle.

Cette émission, en permanente croissance, a propulsé la concentration atmosphérique de CO2 de sa valeur naturelle (280 ppm) aux 410 ppm mesurés en 2019. Les contributions relatives des autres gaz tels que le méthane, l’oxyde nitreux, les CFC et l’ozone, portent le bilan à 500 ppm équivalent CO2. Les taux actuels d’émission (50 Gt /an) mèneront au doublement de la concentration naturelle avant 2050. Un tel doublement engendrera, selon une étude de juillet 2020, une hausse de la T° globale évaluée entre +2,6 et +3,9°C. Dans les régions polaires il s’agit de hausses de +6 à 8°C qui affecteront de façon irréversible la cryosphère, faisant disparaître à terme la banquise de l’océan arctique et les pergélisols qui en fondant dégazent du méthane renforçant ainsi l’effet de serre. Les glaciers, plateformes et calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique quant à eux, contribueront à l’accélération de la hausse du niveau de l’Océan mondial. Aujourd’hui de l’ordre de 4 à 5 mm /an, en croissance forte notamment si les glaces continentales y contribuent de plus en plus, cette hausse impliquera à l’horizon 2100 la submersion et/ ou la salinisation des zones côtières situées à moins d’un mètre d’altitude, dans les zones où sont installées d’importantes infrastructures urbaines et industrielles. Aléas climatiques et risques iront ainsi croissant pour une population de plus en plus nombreuse.

Ces faits corroborés par la majorité des experts scientifiques (GIEC et NOAA) et les prévisions, souvent très édulcorées, qui en découlent, restent négligés par les décideurs politiques. Il en résulte un retard catastrophique dans la mise en place de politiques volontaristes visant à limiter le réchauffement en-dessous du seuil de 1,5° par rapport à l’ère pré-industrielle. Ceci malgré l’adoption mesures politiques, ou de textes de loi.

Devant ce défi urgent et global qui nécessite une mobilisation collective, Aix-Marseille Université inscrit les enjeux du Climat, du Développement Durable et de la Responsabilité Sociétale comme un axe transversal de l’ensemble de sa politique, en comptant sur les mobilisations individuelles et collectives de la communauté universitaire.  AMU s’engage notamment en se dotant d’un Conseil du CLIMAT constitué de scientifiques universitaires et experts de la société civile, engagés dans la lutte contre le Réchauffement Climatique. Ce conseil devra éclairer les axes politiques d’AMU sur les questions d’urgence climatique: impacts des activités anthropiques sur le climat et l’environnement, effets induits sur la biodiversité et sur l’épuisement des ressources naturelles. Le conseil abordera les aspects sociaux et sociétaux des causes et des conséquences du réchauffement global. Il émettra des avis pour la mise en place par AMU de stratégies, dans tous ses domaines de compétence (Recherche, Observation, Enseignement et Diffusion des savoirs) et dans le cadre de son activité professionnelle (politique patrimoniale, mobilité des personnels et des étudiants, pour alerter sur la crise climatique et contribuer à réduire ses impacts. 

Ses axes de réflexion concernent les trois missions de l’Université.

  1. La Recherche et l’Observation : Promouvoir et encourager des projets visant à accélérer la production de résultats sur les thèmes-clés et la mise en place de solutions à l’échelle des systèmes économiques et sociétaux, notamment en lien avec les pays émergents. Le Conseil Climat peut suggérer des liens thématiques entre les Instituts de sites dédiés à l’Environnement, à l’Energie, aux Sciences Sociales, aux Sciences Economiques et aux Sciences Juridiques.  L’approche intégrée des régions péri- Méditerranéennes sera privilégiée, notamment par les observations géophysiques, atmosphériques, sociologiques, économiques. Des projets interdisciplinaires et inter-domaniaux sur les sciences du climat pourront ainsi participer à l’évaluation des enjeux et des chances de succès des différentes stratégies, de mitigation ou d’atténuation, d’adaptation, des échelles régionales à l’échelle globale.
     
  2. Formation et lien formation/recherche 
     
  3. Le Conseil favorise la diffusion des Sciences du Climat et de l’urgence climatique par la formation initiale et continue, à toutes les filières d’enseignement universitaire en tant que culture générale incontournable, soit aux filières scientifiques en tant que spécialisation (par exemple organisation d’un diplôme transdisciplinaire «Sciences du Climat » porté par plusieurs composantes (Master ou DU).
     
  4. Le conseil a aussi pour mission de relier, et relayer, les initiatives concernant le climat portées par les Instituts de site, pour favoriser les axes d’interventions communes et aider à la définition de Masters thématiques internationaux (notamment financés par A*MIdex). Ceci afin de mettre en synergie l’existant et les projets inscrits dans l’Université CIVIS.
     
  5. Il contribue aux stratégies de médiation scientifique de l’Université vers les scolaires et le grand public. Ces actions sont mises en place par un réseau d’enseignants référents motivés, en lien avec l’Institut des sciences de la pédagogie et de l’éducation, ainsi qu’avec le CIPE, notamment pour le transfert de compétences auprès des enseignants du secondaire, en accord avec le rectorat. 
     
  6. Le conseil contribue à la réflexion, à l’expertise et à l’analyse critique et partagée des sujets concernant le climat, en vue de communiquer, en cas de consensus et avec l’accord du Président d’AMU, des avis aux collectivités locales et aux instances régionales et nationales.
     
  7. Les expériences et avis des membres étrangers sont considérés à l’aune de leur adaptation au contexte local, régional, national d’AMU. En réciprocité, le Conseil s’efforce de fournir un appui et une coopération à ses membres étrangers.


Le conseil du climat apporte son expertise, en accord avec la politique Développement Durable d’AMU, sur l’impact des activités et des modes de fonctionnement des services et des personnels et leur adaptation visant à réduire de façon drastique les émissions de G.E.S. d’AMU. D’ores et déjà, AMU se positionne sur la transition énergétique et ses 3 leviers (sobriété énergétique, efficacité énergétique et énergies renouvelables), sur la mobilité durable dont la mise en place du télétravail et l’utilisation de moyens de communication économes en GES.

En lien avec la Direction du Développement Durable et avec l’aide de la direction de la communication, les actions de communication du conseil du climat sont mises au point via, par exemple, une page WEB, qui peut être alimentée par des membres du conseil, en accord avec les coordonnateurs du conseil du climat.

Un financement spécifique et fléché pour le conseil du climat sera alloué sur la ligne budgétaire de la Direction du Développement Durable. Des fonds complémentaires pourront être sollicités dans le cadre par exemple de CIVS, AMIDEX, PIA.

 

La programmation d’un Colloque « CLIM @ AMU», coordonné par l’animateur et la co-présidente du conseil du climat fait partie de la feuille de route. Le comité scientifique et le comité de pilotage seront composés des membres du conseil du climat et de référents du Comité du développement durable. La première réunion du Conseil a eu lieu le 10 septembre 2020 dans l’Amphithéâtre GASTAUT (Pharo) avec plusieurs de ses membres en visioconférence, en raison notamment de la crise COVID.
 

Mots-clés
Haut conseil au climat
Loi énergie et climat
Conseil climat d'AMU