Lauréates Prix Jeunes Talents Femmes et Science

Simona Lombardo et Marine Moussu, étudiantes à Aix Marseille sont lauréates du Prix Jeunes Talents France 2020 L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science. L'édition 2020 a récompensé 35 jeunes chercheuses, 23 doctorantes et 12 post-doctorantes.
Issues de domaines de recherche très divers (sciences cognitives, préservation de la planète et de la biodiversité, , astrophysique, etc.), les Jeunes Talents 2020 partagent leur passion pour la science et la volonté de montrer à chaque femme qu’il est possible de faire tomber les barrières et les préjugés, tout en construisant sa carrière dans les hautes sphères scientifiques.

SOUTENIR LES FEMMES DANS LA SCIENCE : UN COMBAT AU COEUR DE L’ACTUALITÉ

En France, les femmes sont toujours sous-représentées dans les études et les professions de recherche : elles constituent 28 % des chercheurs. En Europe, 86 % des hautes fonctions académiques en sciences sont exercées par des hommes et au niveau mondial, les femmes sont seulement 3 % à avoir été récompensées par des prix Nobel scientifiques.

Cet écart de valorisation se creuse d’autant plus avec la crise liée à la COVID-19, déstabilisant les équilibres entre vie professionnelle et vie personnelle, souvent au détriment des femmes.

Cette année, ces scientifiques prometteuses ont reçu une dotation de 15 000 € pour les doctorantes et de 20 000 € pour les post-doctorantes, qui va leur donner les moyens de poursuivre et de consolider leurs travaux de recherche.

Parmi elles, découvrez les portraits de deux lauréates étudiantes à Aix Marseille Université, Simona Lombardo, post doctorante au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (LAM), et Marine Moussu, doctorante en dernière année de thèse CIFRE à l'Institut Fresnel.

Marine Moussu, doctorante en dernière année de thèse CIFRE avec la start-up marseillaise Multiwave Imaging et l’Institut Fresnel est récompensée pour son travail sur la modélisation électromagnétique d’antennes pour l’imagerie par résonance magnétique (IRM).

Ces antennes sont utilisées pour induire le champ magnétique d’excitation dans l’échantillon à imager. La plupart des antennes utilisées sont métalliques et induisent un tel champ par circulation du courant. L’efficacité d’une antenne d’IRM est estimée par le rapport entre le champ magnétique généré dans l’objet à imager, et l’erreur de mesure liée aux pertes intrinsèques de l’antenne et celles induites par le champ électrique dans l’objet. La perte liée au champ électrique dans l’objet est importante dans le cas des antennes métalliques. De nouvelles antennes sont aujourd’hui étudiées, basées sur des résonateurs non métalliques, c’est-à-dire constitués de matériaux diélectriques comme l’eau ou les céramiques. Dans ce cas, le champ électrique peut être concentré seulement dans le résonateur. L’enjeu des travaux de Marine Moussu est de proposer des outils de modélisation qui permettent de maximiser l’efficacité de telles antennes, et finalement la qualité de l’image. Ses projets de thèse ont porté sur des applications en microscopie, et la suite de ses travaux seront consacrés à la réalisation d’une antenne pour l’imagerie du poignet en partenariat avec le CRMBM, un laboratoire d’Aix-Marseille Université consacré à l’IRM préclinique et clinique.
 
Simona Lombardo, post doctorante au Laboratoire d’Astrophysique de Marseille (LAM) est récompensée pour son travail sur le Télescope Calar Alto Schmidt-Lemaitre (CASTLE), dont elle a la charge de la partie instrumentale et du programme scientifique.

Quelle est la particularité de ce télescope ? Sa conception sans précédent le rend très compact (le miroir primaire ne mesure que ~40 cm) sans pour autant compromettre son efficacité et permet d'obtenir une image d'une grande partie du ciel. Il se montrera compétitif face à des télescopes beaucoup plus grands, qui ont généralement un champ de vision plus petit (jusqu’à 10 fois plus réduits). CASTLE est optimisé pour l’observation d'une catégorie d'objets et d'éléments astrophysiques qui se caractérisent par une luminosité de surface extrêmement faible et qui peuvent s'étendre sur une vaste superficie dans le ciel. Leur détection est très difficile car la plupart des télescopes actuels ne sont pas conçus pour cela. Ces objets, outre le fait qu'ils soient spectaculaires, peuvent nous aider à mieux comprendre comment les galaxies se sont formées et ont évolué. Simona Lombardo a démontré que CASTLE, grâce à sa conception particulière et à sa nouvelle technologie, pourra observer de tels objets. Elle souhaite faire de ce télescope un outil facilement accessible à distance, au service de l’éducation et de la vulgarisation, pour donner aux élèves (du lycée au doctorat) l’opportunité unique de réaliser des manipulations en conditions d’observations réelles.

 

 

 

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